Pour des programmations électroniques plus durables, développons ensemble des circuits courts artistiques !

Technopol et le Collectif des festivals s’associent pour proposer un cercle de réflexion sur la programmation des artistes de musique électronique.
L’objectif ? Créer un outil facilitant la communication entre acteur·rices culturel·les afin de mutualiser la programmation d’artistes internationaux et faciliter l’émergence des talents locaux.  

© Antoine Julien

Le temps de la réflexion

Alors que le secteur événementiel est à l’arrêt, nombre d’acteur·rices culturel·les prennent le temps de se questionner sur les modes de fonctionnement de leurs activités. 

Parmi ces réflexions, le sujet de l’impact environnemental des festivals et concerts revient régulièrement sur la table avec une même conclusion : les modes de production des événements ne sont pas toujours durables. 

Des événements indispensables et de réels progrès 

En effet, si l’existence même des événements ne devrait jamais être remise en question tant ils sont indispensables à la vie sociale et à l’épanouissement des êtres humains, la marge de progression en matière d’impact environnemental est encore énorme. 

De nombreux efforts ont été accomplis ces dernières années en termes de réduction des déchets, d’amélioration du recyclage, d’approvisionnement local et de sensibilisation des publics. 

Accélérer face à l’urgence climatique

Mais ces avancées ne doivent pas être l’arbre qui cache la forêt : si ces sujets sont essentiels, car ils permettent de changer les comportements et de faire avancer la société vers un modèle plus sobre, ils ne concernent qu’une trop faible part de l’empreinte carbone d’un événement pour être déterminants

Or, pour respecter les Accords de Paris visant à contenir le réchauffement climatique sous la barre des 1,5°C et ainsi éviter un déchaînement de catastrophes naturelles et sociales, il faut aller plus vite et s’attaquer aux postes les plus émissifs. Dans un événement, celui des transports est de loin le plus impactant : il représente au moins 80 % de l’empreinte carbone1. Sur ce point, les actions en faveur d’une décarbonation des déplacements des publics sont nombreuses, mais la marge de progression concernant les déplacements des artistes reste énorme. 

En effet, nous pouvons légitimement nous demander s’il est toujours pertinent de faire venir un·e artiste parcourant des milliers de km en avion pour une performance de 90 minutes. A titre d’exemple, le bilan carbone moyen d’un DJ professionnel s’élève à 35 T CO2eq, soit l’empreinte carbone annuelle de 3 français moyens2 !

Des circuits courts artistiques pour allier diversité culturelle et scène locale 

Pour autant, nous avons tout à fait conscience de l’importance de la diversité culturelle dans nos programmations qui « contribue à une existence intellectuelle, affective, morale et spirituelle plus satisfaisante pour tous » comme le mentionne très justement la Déclaration universelle de l’Unesco sur la diversité culturelle (2001). 

C’est pourquoi nous proposons d’insuffler une dynamique de circuit court artistique visant à favoriser les collaborations en bénéficiant de la proximité spatiale et/ou relationnelle entre acteur·ices culturel·les au service d’un premier cercle de public de proximité. 

Le fonctionnement 

Concrètement, il s’agirait : 

  • Pour les organisateur·rices : de programmer des artistes internationaux tout en maîtrisant les coûts économiques (cachet groupé, mutualisation des frais de déplacement) et écologiques. 
  • Pour les artistes étranger·es : d’augmenter leur durée de séjour en France en leur permettant d’aller à la rencontre d’artistes locaux, bénéficier des relais médiatiques du territoire (interviews, livestreams…), faire d’autres dates dans des régions différentes en se déplaçant en train ; 
  • Pour les artistes locaux : de rencontrer des artistes étrangers via des temps dédiés, profiter du réseau constitué pour faire des dates à l’échelle des régions en privilégiant les déplacements en train. 
  • Pour les lieux : d’accueillir des temps de rencontres, de création, d’ateliers et de diffusion avec les différentes parties prenantes (artistes, médias, publics…). 

Avancer ensemble 

Pour concrétiser ce projet nous souhaitons favoriser et faciliter le dialogue entre les tourneur·euses, les salles, les festivals, les artistes et les collectifs via la création d’un outil mutualisé au service d’une plus grande maîtrise de la mobilité des artistes électroniques. Nous choisissons cette esthétique pour des raisons pratiques, avec l’idée d’élargir à tous les courants artistiques une fois le projet lancé et les premiers enseignements tirés. 

Pour commencer, nous souhaitons créer un groupe de travail pionnier afin de développer un tel outil. Nous faisons donc un appel auprès de toutes personnes ou structures motivées à l’idée d’avancer sur ce sujet. Les participant·es seront conviés à une première visioconférence au mois d’avril pour déterminer ensemble les modalités concrètes de cette expérimentation. 

Ont déjà rejoint le cercle de réflexion : AMS Booking, Astropolis, Bordeaux Open Air, Cabaret Aléatoire, Château Perché, Don Jigi Fest, Electro Alternativ, Family Piknik, Le Socle, Monticule, Octofolies, OTTOBiS, Panoramas, Sarcus, Texture, WART.

Si vous avez questions, vous pouvez contacter Rudy Guilhem-Ducléon : 
rudy.gd@lecollectifdesfestivals.org

1  “The Show Must Go On”, Vision : 2025, 2020
2 “Last Night A DJ Took A Flight”, Eilidh McLaughlin, Eva Fineberg and Fallon MacWilliams, 2021

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